Memoria Libertaria ? Qui sommes-nous ?

mardi 17 novembre 2020, par memoria


Memoria Libertaria  est un site d’information et de débat créé en novembre 2020 par le collectif “Mémoire pour le futur”. Ce collectif est composé de membres-fondateurs de l’association 24 août 1944. Cette association a participé à diverses commémorations et divers hommages à l’exil espagnol, dans le cadre étroit que nous proposaient les institutions. Nous savions qu’avec la nouvelle législature politique en Espagne, les guerres culturelles s’intensifieraient, tout comme la mémoire historique serait l’un des principaux champs de bataille électorale. Certains la vilipendent et d’autres se l’approprient à des fins politiques, tout en transformant la mémoire en une sorte de caricature. Nous refusons aujourd’hui l’appropriation de la mémoire historique par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au pouvoir depuis plusieurs années. Ce parti est celui qui a le plus longtemps gouverné l’État espagnol depuis 1978 ; il a été le principal garant de l’impunité des crimes de Franco et de la continuité de l’appareil d’État franquiste, du système judiciaire, de la police et de l’armée.

Un premier bilan des quatre années passées par le PSOE nous conforte dans l’idée de refuser toute collaboration avec le gouvernement espagnol. La « loi de mémoire démocratique » n’a pu être adoptée au parlement par manque de majorité. Si un jour, elle est adoptée, cette nouvelle loi maintiendra l’impunité des tortionnaires du régime franquiste.

 La loi de sécurité citoyenne (ley mordaza, loi bâillon), promue par Mariano Rajoy, n’a pas été abolie. Elles s’appliquent aujourd’hui aux anarchistes et aux grévistes de la baie de Cadix. La loi mordaza a été utilisée pour une action disproportionnée de la police lors des arrestations des travailleurs en lutte. Cette même loi a été appliquée pour condamner à plusieurs années de prison les rappeurs Voltonyc et Pablo Hásel pour « apologie du terrorisme » et pour des « menaces et des injures faites à la couronne ».

Le gouvernement socialiste n’a pas abrogé la loi travail, mais maintient l’essentiel de la réforme du travail de 2012 du Parti populaire. Le gouvernement s’est entendu avec les patrons et les bureaucraties syndicales pour une nouvelle réforme du travail qui laisse intacts les aspects les plus néfastes des précédentes réformes et qui constitue une nouvelle carte blanche pour les patrons.

Novembre et décembre 2021 ont été des mois de luttes sociales, de Cadix à Euskal Herria en passant par Saragosse, Valence et les Asturies. Ces grèves ont été déclenchées alors que le gouvernement du PSOE et d’Unidas Podemos a misé toute sa politique du travail sur le soutien aux entreprises par le biais des ERTE (une procédure par laquelle les entreprises peuvent licencier, suspendre les contrats de travail ou réduire les heures de travail de manière temporaire), en payant 70 % des salaires des travailleurs avec de l’argent qui sort de leurs propres poches.

À Ceuta, en Andalousie, le gouvernement espagnol « le plus progressiste de l’histoire » applique les réglementations européennes en matière d’immigration. Les troupes espagnoles jettent des réfugiés à la mer, ils sont rassemblés et détenus, dans des conditions épouvantables. Des milliers de réfugiés se sont vus refuser les droits juridiques, déjà maigres, qu’ils sont censés avoir.

En mars 2022, une décision du gouvernement de Pedro Sánchez a légitimé l’invasion par l’État marocain du Sahara Occidental et les graves violations des Droits humains dans le Sahara occupé par une partie de la dictature que constitue le régime du roi du Maroc. Pedro Sánchez se fait le complice de la politique menée par une dictature féroce et partage la responsabilité des conséquences du conflit du Sahara. Un conflit qui non seulement fait des morts mais crée des conditions de vie indignes pour la population, outre la répression, l’emprisonnement et la torture des voix dissidentes.

Nous refusons le financement de ce parti et de ce gouvernement pour commémorer les nôtres. C’est pour cette raison que nous avons été exclus de fait de l’association 24 août 1944 de Paris, sans débat et sans procédure lancée à notre encontre.

Malgré diverses sollicitations récentes, jamais le mouvement libertaire d’Espagne et de l’exil et la grande majorité des associations de mémoire historique n’ont accepté de collaborer avec le pouvoir. Il est clair que notre conception de la mémoire historique est très différente du modèle manichéen que propose aujourd’hui le gouvernement espagnol. Nous revendiquons vérité, justice et réparation pour nos parents, nos compagnes et nos compagnons qui ont été contraints à l’exil, pour ceux qui ont été emprisonnés, torturés ou assassinés pour une unique raison : ils se battaient avec acharnement pour une humanité libre, débarrassée d’une caste politique qui aura toujours été à la botte des exploiteurs et des oppresseurs.

Nous resterons fidèles aux nôtres, aux révolutionnaires de 1936, aux résistants au fascisme et à leur engagement historique contre toute forme de pouvoir.
À travers ce site, nous souhaitons mettre à votre disposition des textes et des analyses concernant l’histoire des mouvements de résistance et d’émancipation, mais aussi sur les luttes sociales actuelles.
En mettant l’accent sur les questions politiques et sociales, Memoria Libertaria est un instrument numérique à votre service. Memoria Libertaria n’est pas un espace de catharsis, mais un espace de pensée et de proposition. Ici, nous écrivons sur la mémoire libertaire espagnole, mais aussi sur la politique, la culture, l’économie, la société et sur tous les sujets qui touchent à l’Espagne d’hier et aujourd’hui.

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