Fernando Fernán-Gómez, écrivain, cinéaste et anarchiste

dimanche 13 août 2023, par Pascual

« Ce que je ressens pour l’anarchie est une énorme curiosité, un espoir. Toutes les autres options politiques ne me satisfont pas, elles sont basées sur la tromperie. »
Fernando Fernán-Gómez

Romancier, dramaturge, acteur, scénariste et réalisateur de cinéma, de théâtre, de télévision, Fernando Fernán-Gómez était adhérent du syndicat des acteurs de la CNT (Confédération nationale du travail) depuis 1936. Non dépourvu d’humour, il reconnaissait que les assemblées anarchistes étaient « aussi ennuyeuses que les messes du dimanche ».
Il apprit les rudiments de son métier dans une école d’art dramatique organisée par la CNT, durant la révolution sociale, en 1936. Fernán-Gómez commença sa carrière d’acteur en pleine guerre civile, dans la zone rouge et avec une carte de cénétiste en poche. Il refusait les idéalisations mielleuses des professionnels. Pour lui, les métiers artistiques étaient des métiers comme les autres. Il considérait le jeu d’acteur, l’écriture, la réalisation, comme une sorte de réparation mais aussi comme une compétence acquise avec le temps : « Je ne sais pas conduire, je ne sais pas danser, je ne sais pas faire du vélo. Je ne sais pas faire beaucoup d’autres choses que tout le monde fait. »
L’article qui suit a été publié dans le journal Tierra y Libertad, en janvier 2008, peu après la mort de Fernando Fernán-Gómez.

D. P.

Fernando, dont la mère était également comédienne, est né à Lima en août 1921 lors d’une tournée en Amérique latine. Sa naissance ayant été enregistrée à Buenos Aires, il conserva la nationalité argentine. Son père ne l’a jamais reconnu et ce n’est que des années plus tard qu’ils eurent quelques contacts. Son géniteur était de toute façon un personnage pour lequel il avait plutôt du dédain, tout le contraire des sentiments qu’il nourrissait pour sa mère et surtout pour sa grand-mère.
L’appartenance de Fernán-Gómez à une lignée de grands acteurs est confirmée aujourd’hui, car on peut affirmer avec certitude que Fernán-Gómez était le fils de Fernando Díaz de Mendoza, le fils de la grande actrice María Guerrero. Cette dernière ne voyait pas d’un bon œil que son fils ait une relation avec Carola Fernán-Gómez, une jeune actrice. C’est pourquoi la grand-mère de Fernando obtint pour Carola un contrat dans un spectacle en Amérique afin de l’éloigner de son fils. Hélas, Carola était enceinte avant son départ. Ce que ne pouvait imaginer la sévère et intransigeante María Guerrero, c’est que Fernando Fernán-Gómez deviendrait un grand comédien.
L’enfance et la jeunesse de Fernán-Gómez se sont déroulées à Madrid, où il a vécu les événements politiques marquants et la vie quotidienne dans ce qui allait devenir, pendant la guerre civile, une ville encerclée et bombardée. C’est dans ce contexte qu’il écrivit ses premiers vers et commença sa carrière d’acteur dans le groupe artistique de son école. Il s’inscrivit dans une école de théâtre de la CNT, où il eut les meilleurs professeurs de déclamation comme Carmen Seco et Gaspar Campos, et il débuta dans des théâtres, durant la guerre civile, comme el Teatro Pavón et el Teatro Eslava. Son premier contact avec l’anarchisme fut dû à l’appartenance de son oncle à la confédération syndicale et au fait que ce dernier ramenait à la maison beaucoup de propagande anarchiste.

Dans l’après-guerre, Jardiel Poncela adapta un rôle pour lui, celui de Peter el Pelirrojo (« Peter le Rouquin »), dans Los ladrones somos gente honrada (« Nous les voleurs, nous sommes des gens honnêtes »). Certains disent que ce n’est qu’à cette époque que Fernán-Gómez fut vraiment heureux au théâtre. Il le quitta définitivement en 1992, tant il était lassé par la répétition quotidienne et l’attitude de certains publics. «  Je ne fais pas de théâtre parce que je n’aime pas qu’on vienne me voir quand je travaille  », est une autre phrase hilarante dont il nous reste le souvenir. Peu après son expérience dans la pièce de Poncela, il commença à jouer des rôles au cinéma : «  Onze ans de personnages stupides, de films presque toujours inoffensifs, de salaires misérables, de faim, de longues périodes d’arrêt, de moments – de très longs moments, des moments qui ne devraient pas s’appeler ainsi – de découragement, de désespoir.  » L’acteur roux débuta en 1943 avec Juan de Orduña et il continua à travailler pratiquement jusqu’à la fin de ses jours.
Son dernier film fut Mia Sarah, du jeune réalisateur Gustavo Ron. Tout au long de son parcours, il joua des rôles admirables dans des films de qualité inégale où son talent semblait être au-dessus du bien et du mal. Le plus grand succès de Fernán-Gómez fut Balarrasa, réalisé par Nieves Conde, produit en 1950 par Cifesa et tourné dans les studios de Sevilla Films selon le somptueux modèle hollywoodien, mais dans un pays pauvre. Il s’agit d’un film, comme le disait l’acteur lui-même, sur les « prêtres » et la « guerre », avec une intrigue naïve et manichéenne, comme il se devait à l’époque. Ce cinéma de type religieux n’avait rien à voir avec Esa pareja feliz (« Ce couple heureux »), réalisé en 1953 par Juan Antonio Bardem et Luis García Berlanga [1], leurs objectifs pouvaient être assimilés au néoréalisme italien, inaugurant un renouveau du cinéma espagnol dans lequel Fernán-Gómez était un acteur déjà connu. Ses deux derniers grands rôles ont peut-être été interprétés dans deux bons films, mais ils auraient peut-être connu un destin différent sans la dimension que le brillant acteur a su leur donner : le mémorable professeur de La lengua de las mariposas (« La langue des papillons »), réalisé en 1999 par José Luis Cuerda et l’attachant vieil homme obsédé par son passé dans En la ciudad sin límites (« Dans la ville sans limites »), réalisé en 2002 par Antonio Hernández.
Fernando Fernán-Gómez fut très tôt considéré comme un acteur intellectuel, ce qui a certainement été influencé par sa fréquentation assidue du Gran Café de Gijón, « un îlot de liberté sous le régime franquiste », comme l’a défini l’écrivain Francisco Umbral. Sous l’influence du Gran Café de Gijón, il écrivit plusieurs pièces de théâtre, un recueil de vers et le roman humoristique El vendedor de naranjas (« Le vendeur d’oranges »), publié dans sa première édition par Giner, qui était également un assidu des tertulias [2] auxquelles participait Fernán-Gómez.

L’auteur ambitieux, et quelque peu caché qu’était Fernán-Gómez à ses débuts, attendait des années avant de travailler à ses meilleures œuvres. Il écrivit des scénarios et réalisa des films qui ont été mal distribués, souvent dans des cinémas de quartier, ils sont aujourd’hui d’authentiques joyaux de la cinémathèque : La vida por delante (« La vie devant soi »), El mundo sigue (« Le monde continue »), El extraño viaje (« Le voyage étrange »). Le scénario de La vida por delante fut écrit par Fernán-Gomez avec son grand ami l’écrivain Manuel Pilares dans l’intention d’écrire une « satire de la gabegie espagnole », mais le réalisateur ne considérait pas que cette idée passait bien dans le film et il décrivit le résultat comme une comédie légère, bien qu’il ait été considéré par certains gauchistes comme un précieux film d’opposition au régime. El mundo sigue (1963), qui n’est pas sorti à l’époque, est une adaptation du roman du même nom de Juan Antonio de Zunzunegui, qui se déroule à Madrid après la guerre civile et parle des « pauvres gens », une fixation que Fernán-Gómez considérait comme récurrente dans son œuvre. Plus connu du grand public, El extraño viaje (1964) a été tourné à une époque où la carrière d’acteur de Fernán-Gómez déclinait et où sa situation financière n’était pas des meilleures. Le scénario écrit par Pedro Beltrán est né d’une idée de Berlanga, ce dernier aimait beaucoup inventer une chute pour des crimes mystérieux, il était inspiré d’un événement réel connu sous le nom de El crimen de Mazarrón (« Le crime de Mazarrón »). Le film, qui mit six ans à être projeté, fut un modèle d’humour noir, donnant une image inestimable du provincialisme répressif de l’époque de Franco. L’un de ses films les plus appréciés en tant que réalisateur fut El viaje a ninguna parte (« Le voyage vers nulle part »), en 1986, une terrible chronique de la vie des comédiens sur les routes de la triste Espagne des années 1950. Il s’agit d’abord d’un feuilleton radiophonique, puis d’un roman et enfin du grand film récompensé lors de la première édition des prix Goya, l’équivalent de nos César du cinéma. L’histoire est aussi drôle que tragique et cruelle, racontée du point de vue de l’un des protagonistes de cette errance qu’est la vie d’un comédien à qui la mémoire joue des tours. En mélangeant rêves et réalité, il croit avoir connu des succès qui n’existent pas dans sa profession. On peut considérer qu’il s’agit d’un film achevé sur une profession que son auteur connaissait si bien.
Pendant les quatre dernières décennies de sa vie, sa dernière compagne sentimentale, Emma Cohen, fut à ses côtés, une femme pleine de vitalité, elle était engagée quand elle a débarqué sur la scène cinématographique espagnole, après avoir vécu le Mai français avec un grand désir de travailler et de créer. Fernán-Gómez la rencontra dans les années 1970, il la considérait comme « ... [s]on meilleur été, un peu tard, parce qu’il [lui] est arrivé au milieu de l’automne », comme il le dit dans ses mémoires : « Elle était jeune, belle, gaie, réfléchie. Elle aimait lire, elle voulait travailler au cinéma, au théâtre, réaliser des films, écrire, changer le monde. »

Peut-être en raison de son apparence physique, la carrière de Fernán-Gómez a changé de cours et il s’est vu offrir le rôle principal dans la pièce d’Ibsen Un enemigo de pueblo (« Un ennemi du peuple »), à un moment politique très propice ; d’autres pièces notables de cette période sont La pereza (« La paresse »), de Ricardo Talesnik et A los hombres futuros, yo Bertolt Brecht (« Aux hommes futurs, moi Bertolt Brecht »). Ses rôles au cinéma furent nombreux dans une suite de films qui n’ont rien à voir avec ce qu’il avait fait auparavant en termes de réalisations et d’intentions ; citons Ana y los lobos (« Ana et les loups ») de Carlos Saura, El espíritu de la colmena (« L’esprit de la ruche ») de Víctor Erice et El amor del capitán Brando (« L’amour du capitaine Brando ») de Jaime de Armiñán. Mi hija Hildegart (« Ma fille Hildegart ») de 1977 n’est pas l’un de ses films les plus appréciés, mais il présente un intérêt certain. Il est basé sur le livre Aurora de sangre : Vida y Muerte de Hildegart (« Aurore de sang : Vie et mort de Hildegart ») d’Eduardo de Guzmán et inspiré d’une incroyable histoire vraie qui s’est déroulée dans l’Espagne républicaine. Aurora est une féministe convaincue qui décide d’engendrer la femme parfaite, celle qui mènera la cause de la libération féminine ; soumise à une éducation féroce, Hildegart est déjà, à l’âge de 18 ans, une institution dans les cercles intellectuels et révolutionnaires de Madrid, sa renommée dépassant les frontières du pays (Sigmund Freud ou H. G. Wells sont des figures éminentes avec lesquelles elle correspondait). Dans la fin dramatique de l’histoire, Hildegart tombe amoureuse et tente d’échapper au contrôle de sa mère dans un voyage qui peut être considéré comme une transition idéologique du socialisme autoritaire au socialisme libertaire.
Comme l’a dit Eduardo Haro Tecglen, la pièce Las bicicletas son para el verano (« Les bicyclettes sont pour l’été ») est sans aucun doute l’une des meilleures œuvres du théâtre contemporain. Chargée de résonances autobiographiques, elle saisit le sens des aspirations d’un groupe de personnes qui manquent l’occasion historique de changer leur vie et de changer la vie. Bien que la famille protagoniste ne soit pas clairement victime de l’oppression de classe et qu’elle n’ait pas d’idéologie bien définie – l’auteur lui-même l’a décrite comme une pièce « d’anti-héros » –, la pensée anarchiste joue un rôle clé dans le développement de la pièce et une déclaration d’intention est faite dans la bouche du milicien Anselmo, d’une manière grossière et naïve :
«  D’abord, créer de la richesse ; ensuite, en jouir. Laissez travailler les machines. Les syndicats vont tout industrialiser. La journée de travail sera de plus en plus courte, et les gens iront à la campagne, au cinéma ou ailleurs, pour s’amuser avec leurs enfants... Avec les enfants et les filles... Mais sans mariage, ni hosties familiales, ni documents, ni juge, ni prêtre. L’amour libre, monsieur, l’amour libre... La liberté en tout : dans le travail, dans l’amour, en vivant où vous voulez.  »

La dernière phrase de la pièce fait désormais partie de la culture populaire et de l’histoire de ce pays qui a tant de problèmes de mémoire : « La paix n’est pas venue, la victoire est venue. » À partir des années 1980, il a été très prolifique dans l’écriture, avec des articles dans divers journaux, de nombreux essais et des romans, dont les plus notables sont : El mal amor (« Le mauvais amour »), dont l’action se situe dans la Castille médiévale, avec une vision ironique et malicieuse qui traite de conflits n’appartenant pas à une seule période ; El mar y el tiempo (« La mer et le temps »), qu’il a également transformé en film réalisé par lui-même en 1989, une vision et une analyse tristes des dernières années du franquisme ; El ascensor de los borrachos (« L’ascenseur des ivrognes »), une réflexion sur le passage des années faite avec un humour subtil et mélancolique ; La Puerta del Sol (« La porte du soleil »), une chronique de l’histoire de l’Espagne du début de la Première Guerre mondiale aux années 1950, dévoile ses revendications anarchistes malgré le pessimisme qui enveloppe l’œuvre ; La Cruz y el Lirio Dorado (« La Croix et le Lys doré ») est un autre roman historique situé dans la Florence du XVe siècle, qui montre les intrigues de l’Église pour placer certaines familles au pouvoir.
Ceux qui ont connu Fernando Fernán-Gómez parlent d’un homme bon, gentleman, excellent causeur, plein d’humour, extrêmement timide, qui manifestait une insécurité pouvant correspondre en réalité à un sentiment de décalage, un malaise face au rôle que la célébrité lui avait donné, à la stupidité et à la médiocrité qu’il observait parfois autour de lui. Il aurait fallu un article plus long pour évoquer tous les films et pièces de théâtre dans lesquels Fernán-Gómez a joué, ou ceux qu’il a écrits et mis en scène, ainsi que ses romans.

Le comédien anarchiste a fait beaucoup de choses dans sa vie professionnelle, il les a toutes bien faites ; souvent, elles étaient sublimes. J’ose parler d’un consensus pour le considérer comme le meilleur acteur de cinéma de tous les temps, ce qui, avec sa carrière de metteur en scène de théâtre et de cinéma, l’a peut-être empêché d’être l’un des plus grands écrivains de son temps ; son plus grand livre a peut-être été ses inestimables mémoires, El tiempo amarillo (« Le temps jaune »). Certains sont choqués par le fait que le vieil anarchiste a rejoint l’Académie royale espagnole ou qu’il a serré la main d’un Bourbon à l’occasion d’un prix reçu. Je suis incapable de voir dans ces actes autre chose qu’une simple anecdote, peut-être imposés par des circonstances particulières pour un artiste qui, paradoxalement, ne semblait pas trouver très amusant le rôle qu’il jouait dans la vie. En dehors de sa vie professionnelle, qui fait désormais partie de l’histoire indiscutable de ce pays, il me reste l’image d’un homme intègre, noble, solidaire, capable de rappeler son appartenance à l’idéologie acrate dans les moments les plus inattendus, en évoquant ses expériences, les souvenirs de l’horreur d’une guerre, et de faire entendre sa voix tonitruante avec un « Non à la guerre » retentissant. Parfois, ce sont les humoristes qui nous font retrouver l’intégrité et la confiance dans un monde meilleur. Un misérable radiodiffuseur, à l’époque récente où les foules descendaient dans la rue pour crier leur refus d’une nouvelle guerre, a osé qualifier, de façon désobligeante, de marionnettistes les personnes exerçant la profession de Fernando. Je suis sûr que ce sont ces manifestations de mesquinerie intéressée de médiocrité, vernies d’une certaine puissance médiatique, qui ont fait crier le vieux comique avec des expressions telles que son « Fuck off » si frileusement médiatisé.

Le 21 novembre 2007, Fernando Fernán-Gómez est décédé ; une figure clé de la culture espagnole contemporaine a disparu. Un drapeau anarchiste (rouge et noir) a recouvert son cercueil.

Jose Caballero Iglesias
Traduction : Daniel Pinós

Article publié sur le numéro 13 de la revue Chroniques Noir & Rouge en juin 2023

Fernando Fernán-Gómez, El vendedor de naranjas (« Le vendeur d’oranges »), Pepitas de calabaza, 2021, 168 pages, 19 euros
Fernando Fernán-Gómez, Las bicicletas son para el verano (« Les bicyclettes sont pour l’été »), Espasa-Calpe, coll. Nueva Austral, 1999, 276 pages, 25 euros
Fernando Fernán-Gómez, El tiempo amarillo. Memorias ampliadas (« Le temps jaune. Mémoires étendues »), Debate Editorial, 1998, 806 pages, 26,50 euros


[1Juan Antonio Bardem Muñoz fut un réalisateur espagnol, né le 2 juin 1922 à Madrid où il est mort le 30 octobre 2002. Il fut considéré par la critique internationale comme l’un des réalisateurs les plus politisés de son pays et de son époque. Fils d’un couple d’acteurs espagnols, Rafael Bardem et Matilde Muñoz Sampedro, il était aussi le frère de l’actrice Pilar Bardem et l’oncle de l’acteur Javier Bardem. Avec Juan Antonio Bardem, Luis Garcia Berlanga fut un des tenants du cinéma espagnol de l’après-guerre. C’est d’ailleurs en collaboration avec celui-ci qu’il réalisa ses deux premiers films. La tonalité de son cinéma est la même, une dénonciation sarcastique de la tromperie sociale, qui atteint son sommet avec El verdugo (« Le Bourreau »), évocation sous forme de farce de la peine de mort qui connaîtra des ennuis avec la censure.

[2Une tertulia est un groupe de personnes qui se réunissent régulièrement pour parler ou discuter d’un sujet particulier ou de l’actualité, généralement dans un café ou publiquement, dans le cadre d’une émission de télévision ou de radio.