Apatrides, résister ou mourir

mercredi 5 mai 2021, par Pascual

Apatride, résister ou mourir

VOIR LE FILM :
https://www.youtube.com/watch?v=WXdCjACAY_M

Un film produit par l’ARMHA, l’Association pour la mémoire historique d’Aragon dans le cadre de l’exposition « L’exil des républicains aragonais en France ». Un hommage aux exilés aragonais, dont la plupart sont venus en France. Un apatride est une personne qui n’est reconnue par aucun pays comme un citoyen. Franco a refusé la nationalité aux républicains qui ont été vaincus et contraints à l’exil. Plus de 500 000 Espagnols ont été exilés par le conflit armé de la guerre civile à la suite du coup d’État militaire de Franco, le pays d’accueil pour beaucoup d’entre eux était la France, il s’agit d’une petite reconnaissance pour eux tous, leur lutte, leur résistance au fascisme, leur survie dans les camps d’internement français et les camps de concentration nazis, leur lutte pour la survie et pour défendre leurs idéaux.

L’exil des républicains aragonais en France

Si vous avez voyagé dans le sud de la France, vous avez sans doute constaté que de nombreuses entreprises portent des noms espagnols.
Ce n’est pas le fruit du hasard, ni de la seule proximité des frontières.
Il s’agit plutôt du résultat de l’un des plus grands déplacements démographiques de notre histoire, celui qui a eu lieu à la fin de la guerre civile, lorsque les perdants ont dû s’exiler pour sauver leur vie.
Depuis la guerre d’indépendance, le peuple n’avait jamais autant souffert des conséquences d’une guerre. Si, dans cette guerre, les ennemis étaient les Français, dans cette dernière, ce sont eux qui, d’une manière meilleure ou pire, nous ont accueillis.

En 1937, l’Aragon étant l’un des théâtres d’opérations qui subit le plus longtemps et sur tout son territoire les combats de la guerre civile, la répétition générale du grand exil de 1939 a lieu avec la retirada en France.
Beaucoup ne sont jamais retournés dans leur pays, d’autres le feront pour continuer à combattre le régime de Franco.
L’espoir que les Alliés libèrent l’Espagne du fascisme après la chute de leurs alliés en Europe s’estompe, et disparaît complètement au début des années 1950, avec les accords signés par les États-Unis avec le dictateur Franco.
Entre-temps, des dizaines de milliers d’Espagnols, parmi lesquels de nombreux Aragonais, ont connu une deuxième guerre dans leur vie.
Si avant ils étaient persécutés par Franco, ils furent persécutés par leurs alliés nazis. Si auparavant ils avaient combattu les mutins contre la légalité républicaine, c’était maintenant à leur tour de se battre contre les envahisseurs venus de toute l’Europe.
L’histoire de ces personnes, passionnante en de nombreuses occasions, a été l’objet d’étude de quelqu’un qui pourrait être le petit-fils de l’un d’entre eux, un jeune historien aragonais appelé Diego Gaspar.

En se basant sur son livre LOS REPUBLICANOS ARAGONESES EN LA SEGUNDA GUERRA MUNDIAL (Rolde, 2011), il nous a livré, à travers les panneaux de l’exposition, une chronique des difficultés qu’ont traversées ces concitoyens de deux générations avant la nôtre. Nous espérons que ce travail sera utile pour sortir de l’oubli ceux qui ont subi une autre des pires conséquences de la guerre, L’EXIL, et nous souhaitons que tous ces faits soient connus par les générations actuelles et, surtout, par les plus jeunes. Il est nécessaire, dit-on, de connaître l’Histoire, pour ne pas répéter les erreurs du passé.


Au centre, photo de Francisco Ponzan Vidal. Francisco Ponzan Vidal, également connu sous le nom de François Vidal, né le 30 mars 1911, à Oviedo, et mort fusillé par les nazis le 17 août 1944, à Buzet-sur-Tarn, était un militant anarcho-syndicaliste espagnol, combattant anti-franquiste et résistant.